--Salauds de cheminots

Salauds de cheminots

Coup de cœur à Jean-Claude BOURRET et aux cheminots !

« Salauds de cheminots : c’est en gros ce que disent la plupart des médias.

Les cheminots, comme leurs syndicats, et comme la totalité des Français, sont en train de payer l’indigence des gouvernements précédents, incapables de gérer l’Etat, en bons pères de famille.

Cela continue d’ailleurs, puisque Macron, élu face à une France sidérée par cinquante ans de magouilles irresponsables, car gouvernée à la petite semaine. Tandis que les multinationales, à l’affût, aidaient à faire tomber des pans entiers de l’Etat, pour en récupérer les profits via le privé.

Macron, donc, fait payer par les vieux, pour abonder le budget de l’état, la légère augmentation de salaire des actifs, en diminuant certaines cotisations.

Du grand art…

Dont il se vante aisément – car il n’a pas peur du contact avec la foule – devant des mamies qui n’y comprennent et connaissent rien et qui lui serinent : « on a travaillé toute notre vie pour avoir une retraite décente et aider un peu nos enfants, et vous nous prenez trente… cinquante euros par mois ! »

Or, Macron a raison :

Quand les mamies travaillaient, elles payaient la retraite des vieux d’alors, et non leur caisse de retraite d’aujourd’hui qui est abondée par ceux qui sont des actifs.

D’ou le raisonnement de Macron : ce sont les actifs qui payent votre retraite, et non les cotisations de vos 44 ans de métier. Donc aidez les actifs en leur donnant quelques centaines ou milliers d’euros par an sur ce qu’ils vous donnent par leurs cotisations.

Reste qu’aucun gouvernement, et surtout pas ceux de gauche, dont on aurait pu espérer que, dotés d’une vision globale du fonctionnement de l’état, et du fonctionnement de l’état dans l’Europe, ils auraient courageusement pris les mesures pour restructurer le fonctionnement de la France, afin de préserver l’avenir de la veuve et de l’ouvrier.

Que nenni…

J’ai eu le privilège de vivre de l’intérieur, à TF1, l’arrivée de la gauche en 81 avec, dès la fin 82, l’interdiction qui nous était faite d’employer le mot « rigueur ».

Or, Mitterrand, qui m’avait dit lui même qu’il ne connaissait rien à l’économie, s’était contenté de vider ce que la droite avait laissé dans les caisses, avant de constater un principe incroyable : quand tu puises dans une caisse à pleines mains… elle se vide !

Alors revenons en à ces salauds de cheminots…

J’ai tout de suite compris comment, ceux qui nous dirigent, propriétaires des grands médias, souhaitaient faire passer dans le temps de cerveau libre des consommateurs, en entendant la question non orientée, posée un matin par une grande station de radio, propriété d’un oligarque, qui, grâce à une dizaine de milliards d’euros de crédits donnés par la banque Rotschild, a pu acheter quelques grands médias Français (neuf milliardaires sont propriétaires de 90% des médias en France).

… et cette question non orientée, était « les cheminots se moquent-ils du monde ? »

On voit la manip tellement grosse, que ça marche !

Avec quelques témoignages de clients dégoûtés, car précisément, ils devaient aller voir leur vieille maman malade le jour de la grève, et vraiment ces salauds de cheminots, n’en ratent pas une !

Les pauvres cheminots, comme d’ailleurs leurs syndicats, ne savent pas plus ce qu’il se passe, que la majorité des électeurs, qui ne comprennent toujours pas, comment le chouchou de M. Attali, est devenu leur Président, sans existence politique et sans parti, mais pas sans appui médiatique des oligarques, toujours à l’affût des profits.

Or, dès qu’il y a un secteur de profits, les oligarques, sont là.

Le transport est un domaine prometteur. Les TGV sont pleins. Mais les TER souvent à demi vides. Pas rentables. Donc, on se concentre sur ce qui rapporte. Comme en Angleterre, ou la privatisation des transports, avec quasi absence de maintenance – ça coûte cher- ont abouti à des accidents mortels, qui ont obligé le gouvernement à revoir la copie de la privatisation.

En France, la SNCF a accumulé des dettes colossales, mises pudiquement dans des structures juridiques dont personne ne parle, et qui seront évidemment pour les pieds des voyageurs/contribuables, comme les EPR d’Areva, le sont de leur côté.

Pas responsables et pas coupables.

Alors, pour préparer « la mise en concurrence de la SNCF voulue par l’Europe », on continue à souffler sur les braises du mécontentement des voyageurs contre les cheminots.

Et ni les uns ni les autres, ne comprennent, que ce sont ceux qui nous dirigent, et qui donnent des ordres à l’Europe, qui les répercute à chaque état dont la France, qui vont profiter de l’effondrement continuel du service de la SNCF, pour faire venir de nouvelles sociétés privées qui vont bénéficier des infrastructures réalisées depuis cinquante ans par les cheminots pour engranger des profits immédiats… en attendant un nouvel effondrement dû à l’absence de maintenance.

Salauds de cheminots. »

Jean-Claude BOURRET

Contact : contact@motsenliberte.fr

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