Je parle de foi, non des religions

Qu’est-ce donc la foi si ce n’est l’assurance qui te permet de fouler le sol comme terre sacrée et de faire un pas vers ton frère ? Je parle de la foi, non des croyances. Je parle de la foi, non des religions. Lorsque je dis foi, je me réfère à cette petite flamme qui scintille sans cesse dans tous les cœurs, dans le tien également, bien que parfois tu sentes qu’elle est éteinte.

C’est le même feu qui brûle dans le cœur de la Terre et des étoiles, des atomes et des galaxies. C’est la flamme de la Vie, et la flamme de la Vie est le Cœur de l’Univers qui bat dans chacune de tes cellules et de tes neurones. C’est cela la foi et elle n’a rien à voir avec les religions ni avec les croyances, mais plutôt avec le battement libre et universel de la Vie.

Telle fut la foi de Jésus, au-delà de ses croyances. Il désignait cette Vie, à la fois puissante et tendre, par le nom de «Dieu» et il l’invoquait tendrement en l’appelant abbá. C’est grâce à cette Vie qu’il se sentait heureux et libre et c’est pour sa cause qu’il risqua sa vie. Le christianisme en tant que système de croyances, de rites et de normes morales, en tant qu’organisation hiérarchique, structure du pouvoir, en tant que réseau d’intérêts complexes, parfois même troubles… ça c’est une autre histoire. Ce n’est pas ce que prônait Jésus.
[…]

Le cœur de ta vie

Que tu sois ou non croyant, prends soin de la foi, cette flamme profonde et secrète, car l’éclat de ton sourire et le futur de la Terre en dépendent. Prends soin du cœur de ta vie, du cœur de la Vie. Ne cesse de palpiter et de sentir. Ne cesse de respirer, de te sentir libre et de tendre la main à la Vie qui, tout près de toi, réclame ton attention.

Et les croyances ?

Elles sont bonnes dans la mesure où elles te rendent meilleur et plus heureux. Elles sont bonnes si tu ne t’accroches pas trop fort à elles. Si tu t’acharnes trop à les défendre, elles finiront par t’empêcher d’être meilleur et d’être heureux.

José ARREGI

José Arregi est un théologien basque, religieux franciscain du monastère d’Arrantzazu, professeur d’université. Il est très critiqué par la Conférence épiscopale espagnole et en particulier par le nouvel évêque ultraconservateur de San Sébastian qui lui a imposé le silence depuis 2010. Ce qu’on lui reproche est de contester l’unicité de l’expression de la foi, autrement dit son appel au pluralisme des expressions. (D’après Pierre Collet). José Arregi a alors décidé, en accord avec ses supérieurs, de quitter son ordre et son ministère « pour – dit-il – permettre aux franciscains et à moi-même de vivre vraiment en paix ».

Contact : contact@motsenliberte.fr 

Illustration photo : Pierre GABLE

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2 Commentaires

  1. Dominique Pontier 22 janvier 2021 at 10:58

    C’est si vrai et si bien dit…

  2. LEFEVRE ROY 30 novembre 2017 at 11:54

    Que dire de plus….Magnifique article qui correspond à ce que « je crois » au plus profond de mon coeur….

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