Divorcés remariés : l’incompréhensible mise à l’écart !

L’Église interdit aux divorcés remariés de venir communier à la messe.
Et pourtant…

Ils étaient beaux, comme on est beau à 20 ans.
Ils souriaient et respiraient le bonheur.
La main dans la main, en sortant de la petite église de leur village.
Où ils s’étaient jurés fidélité, devant Dieu.
Accueillis par un tonnerre d’applaudissements et une pluie de riz sur leurs habits de fête.
La journée s’annonçait belle. Toute la vie aussi. Pleine de promesses.

Les années ont passé. Ils ont eu trois enfants.

Les épreuves se succèdent.
Le chômage, le handicap du petit dernier, les fins de mois difficiles…
Le doute s’installe sur leur capacité à résoudre les problèmes ensemble.
Sans vraiment le décider, ils ne se parlent plus.
Ou alors juste pour crier leur souffrance.
A tour de rôle.
Cela ne peut plus durer.
Ils imaginent la solution la moins traumatisante pour les gosses.
Sans gaieté de cœur, ils se séparent et divorcent sans bruit.
Simplement pour moins souffrir et moins faire souffrir.

Et puis la vie reprend.
Une nouvelle histoire commence.
Chacun avec quelqu’un d’autre.
Une autre solitude rencontrée. Une autre blessure partagée.
L’avenir veut-il enfin sourire ?

Divorcés remariés

Divorcés remariés, ils veulent pourtant croire que cette nouvelle vie est un don de Dieu.
Dieu, qu’ils n’ont pas oublié.
Qu’ils ont prié, quand le chemin de leur premier mariage se montrait trop épuisant.
Trop incertain et aride. Vraiment trop dur pour eux.
Chemin pour lequel ils ne s’étaient sans doute pas suffisamment préparés.

Ils ressentent alors le besoin de dire merci et de se faire épauler.
Tous les deux retournent à la messe avec leurs nouveaux conjoints.
Ils connaissent la règle :
Assister, écouter mais ne pas s’approcher de la communion.

Ils vivent dans l’adultère et sont des pécheurs.
Définitivement impardonnables ?
Alors qu’ils ont simplement connu l’échec d’une relation devenue impossible.
Et que leurs forces n’ont pas suffi à éviter la dérive de leur premier couple.

Ils regrettent sincèrement leurs torts partagés et les dégâts collatéraux occasionnés.

A la lumière de la miséricorde de Dieu

Jésus, serait-il mort sur la croix pour sauver tout le monde, sauf les divorcés remariés ?
Cela ne cadre pas avec le message d’amour de l’Évangile.
Ni avec l’année de la miséricorde décidée par le pape François.
La miséricorde, c’est à dire : le cœur de Dieu au cœur de leur misère; ils y croient encore.

On leur parle savamment et officiellement d’indissolubilité du mariage.
Mais ne peut-on pas tout dissoudre dans l’amour de Dieu ?

Pour toute explication, on leur ressasse la phrase de l’évangile de Marc.
« Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »

Il semble y avoir deux poids, deux mesures.
En effet, un homme a tué son père et sa mère.
Condamné à 20 ans de prison par la justice des hommes, il a regretté cet acte abominable.
Malgré le commandement de Dieu : « Tu ne tueras pas », il a reçu le pardon de sa faute.
Et il peut à nouveau s’approcher de l’eucharistie et recevoir la communion.
Qu’on leur explique. Ils n’ont tué personne, eux !

Vu « l’indissolubilité du mariage », ils conçoivent qu’ils ne peuvent se remarier devant Dieu.
Mais peut-on les priver de rencontrer Jésus dans la communion ?
Lui même n’a-t-il pas dit : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » ?

Je n’ai jamais vu un prêtre refuser la communion à des personnes divorcées remariées.
J’en connais même qui leur ont conseillé d’aller chercher du réconfort dans l’eucharistie.

Aussi, pour éviter des souffrances supplémentaires à ceux qui ont déjà tant souffert.
Ne faudrait-il pas dire des paroles courageuses et des mots empruntés à la réalité.
Ne plus prétexter des « dogmes » aussi paralysants qu’incompréhensibles.
Et accepter de regarder ce problème à la lumière de l’infinie miséricorde de Dieu.

Norbert MOUIREN

Contact : contact@motsenliberte.fr 

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9 Commentaires

  1. horia r 20 janvier 2020 at 09:55

    Traitement pire pour les divorcés que pour les meurtriers : on ne demande pas à ces derniers de ressusciter leurs victimes, cependant on demande aux divorcés de revenir à l’état initial !
    Il faudrait psychanalyser tous ces ‘connards de canonistes’, comme dit mon ami le Père Élisée…

  2. Dom 26 avril 2019 at 22:37

    La comparaison avec le meurtrier pardonné ne tient pas debout. ll ne continue pas à faire son péché tranquillement: il l’a fait, s’est repenti et a été pardonné. S’il vivait dans un état de tueur qui tue habituellement, sans changer de vie, sans demander pardon, on lui refuserait la communion, et ce serait bien normal.
    Quelqu’un qui commet un adultère, qui se repentit et ne le fait plus, recevra aussi la communion. Quelqu’un qui vit dans un état d’adultère, sans changer de vie, et sans le regretter, ne peut pas la recevoir, il se coupe de Dieu lui-même.
    Il ne s’agit pas de priver qui que ce soit de rencontrer Jesus dans la communion, il s’agit de vouloir Jesus, de vouloir se conformer à son enseignement, de renoncer au péché, de le regretter, par amour, et de communier en état d’union à Dieu.

    • Norbert MOUIREN 27 avril 2019 at 09:59

      Le divorce est un échec, pas un péché ni un meurtre. Il engendre de la souffrance. Se remarier n’est pas un adultère, c’est se mettre à nouveau en marche vers l’amour. Et l’Amour c’est Dieu. J’ai la faiblesse de croire en l’immense miséricorde de Dieu pour tous, y compris pour les divorcés remariés.
      Que savons nous de ce qui est dans le cœur de ceux qui s’approchent de Dieu pour communier ? Que savons-nous de leur relation à Dieu, pour les condamner à priori ? Le Christ lui-même n’a t-il pas dit qu’il était venu pour les pécheurs. Ne s’est il pas invité à leur table ? Pourquoi n’inviterait-il pas à la sienne, les divorcés remariés ?
      La crise que traverse l’Eglise concernant les prêtres pédophiles met en lumière l’hypocrisie de celle-ci quand il s’agit de « couvrir » les siens et l’utilisation d’un catéchisme obsolète quand il s’agit des divorcés remariés.

  3. Françoise 30 août 2017 at 23:43

    L’erreur est humaine, le desamour aussi pour mille bonnes raisons. » Que celui qui n’a jamais fauté me jette la pierre « .les hommes sont dans le jugement, Dieu est au-delà de cela par son infinie amour. Je lui fait confiance pour voir en moi autre chose qu’une divorcée !

  4. GUILLOT Daniel 21 décembre 2016 at 09:22

    Pendant longtemps l’ église a refusé l’enterrement religieux aux suicidés et puis le temps a passé et aujourd’hui heureusement on n’ ajoute plus aux familles du disparu la double peine. Comme tu le dis on pardonne au parricide mais on continue a excommunier les divorcés remariés ce qui en soi est une ineptie puisque ces remariés ne le sont pas en fait vis a vis de l’église qui ne les a pas « remariés ». Ce couple pourrait en effet continuer a recevoir la communion s’il vivait en simple concubinage. Pour ma part je continue a communier et je ne veux comme seul juge celui qui nous a donné son corps pour partager la foi.

  5. Patrick 25 octobre 2016 at 14:38

    Excellent mais tout le monde et les prêtres en premier oublient le cas une personne divorcée homme ou femme qui se remarie avec une personne qui a jamais été mariée , cette personne ne peux pas recevoir la communion . Parce que épouser un ou une divorcée est un péché qui exclut de recevoir la communion. C’est vraiment pénible de voir que l’église n’arrive pas à s’adapter à la vie du monde qui ne cesse d’évoluer à grande vitesse. Et les prêtres s’étonnent que leur églises sont vides. Pour moi je suis pratiquant à cause d’un fait miraculeux qui touche un proche dans ma famille. Mais m’a position lorsque l’on me sollicite pour le denier de l’Eglise, je réponds que je suis excommunié et que j’ai été exclu et je me me sens pas concerné, puisque exclu. Cela ne m’empêche pas d’être dans la communion sous une autre forme.

  6. Marie 24 octobre 2016 at 18:10

    Problème très bien ressenti. Merci pour eux.

  7. Coutton Sylvie 20 octobre 2016 at 11:17

    Bonjour ! Très fort la comparaison avec un meurtrier… pardonné – Mais attention à ne pas « catégoriser » car les divorcés non remariés n’ont pas droit non plus à communier et ils sont parfois bien seuls…

  8. simone dubois 18 octobre 2016 at 17:53

    c’est plus que vrai!
    qui est le Maître de la miséricorde?
    Un homme peut il s’estimer plus à même que Dieu pour décider?

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