Donner – Recevoir – Transmettre
Trois mots à prendre ou à laisser.
Trois mots comme une direction à suivre.
Trois mots comme une proposition pour vivre.
DONNER
Je suis toujours interpellé par la façon incontrôlée avec laquelle on entasse des milliers de choses qui ne serviront plus jamais à rien. C’est notre vie que nous encombrons. C’est notre espace que nous diminuons. Donner, comme une hygiène de vie pour ne pas se charger du fardeau de l’inutile.
On n’est pas assez pauvre pour ne rien avoir à donner. Un sourire, un peu de temps, un salut amical, un pas vers l’autre. Non pas dans le but de plaire, de monnayer notre don ou d’en attendre un retour. Non, simplement pour offrir quelque chose qui vient de soi, qui vient du cœur, que personne d’autre que moi ne peut proposer. Quelque chose de spontané, de gratuit, de pas calculé, de pas prévu. Donner pour aller mieux.
Je suis étonné de recevoir un merci que je n’attends pas alors que je laisse passer un piéton sur un passage clouté, alors que je cède ma place à quelqu’un de plus stressé que moi. Donner c’est se sentir utile pour que le vivre-ensemble ne soit pas une corvée mais devienne un moment fort et chaleureux.
RECEVOIR
Paradoxalement, il est peut-être plus difficile de recevoir que de donner. N’y a-t-il pas plus de joie à donner qu’à recevoir ? Recevoir c’est accepter que l’autre m’aide. C’est admettre qu’on a besoin de lui. Cela demande une attention à l’autre et à ce qu’il nous propose… de différent. On ne reçoit pas forcément de celui à qui nous avons donné. Sinon, il ne s’agit que d’un échange banal voire commercial. C’est du donnant-donnant.
Plus je donne, plus je reçois. Au Burkina Faso (notre photo) où je reçois des plus pauvres les raisons de croire en la vie. Où le dénuement m’apparait comme une richesse. Terminant une semaine de bénévolat en cuisine à Chauffayer, au service de quarante jeunes et de leurs encadrants, Laetitia me confie en descendant du car : « Je suis épuisée mais heureuse ».
Surtout ne rien attendre. J’ai reçu un jour de Max, une peinture. Il voulait me remercier d’avoir dépanné sa fille en informatique. Max avait cette particularité qu’il ne vendait jamais ses œuvres. Depuis, son tableau éclaire l’entrée de mon bureau…
TRANSMETTRE
Ce sont les autres qui nous ont fait. Tout seul sur une île déserte nous n’aurions sans doute pas progressé de la même façon. Transmettre que la vie n’est pas compliquée. Que c’est nous qui souvent la compliquons.
J’ai été ému de constater comment Mireille, très atteinte et sur un fauteuil depuis quatre ans, après une chute banale mais lourde de conséquences, a su nous transmettre, lors d’une visite récente, une vraie joie de vivre. Ses yeux brillaient de nous voir rire de ses histoires. Oser confier à d’autres cette part de merveilleux qui est en chacun de nous. Comme la fleur transmet son parfum, comme l’oiseau sur la branche transmet son chant. Transmettre le beau, transmettre l’espoir…
Transmettre en choisissant ses mots et le ton qui convient pour ne pas avoir l’air de donner des leçons (Il me semble que j’ai des progrès à faire). Transmettre par des actes et par sa capacité à toujours savoir s’adapter. L’exemple diront certains. La vie tout simplement !
Norbert Mouiren
Contact : contact@motsenliberte.fr
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