Tourner la page ou déchirer la page ?

On entend souvent dire : « Je veux tourner la page ».
Tourner la page ou déchirer la page ?
Oublier une mauvaise période, un chagrin d’amour, une erreur ?
Mettre fin à quelque chose qui dérange, qui fait peur ou qui fait culpabiliser ?
Tourner la page pour fuir ? Pour se fuir ? Pour vite passer à autre chose ?

Ce serait si simple de tourner la page comme si elle n’avait pas existé.
Comme si ce n’était pas nous.
C’est vrai qu’il faut parfois reconnaître une erreur d’aiguillage. Une trahison peut-être.
Dans tous les cas, il faut bien continuer à écrire les pages de sa vie.
Sans rien raturer, gommer ni déchirer. Sans rien enlever à son passé.
Sans changer les paragraphes qui aujourd’hui pourraient nous déplaire.

Une page qui me dérange ?

Ecrire les pages du livre de sa vie avec leurs ombres et leurs lumières.
Les ombres qui font que la lumière est lumière. Éclairante, bienfaisante et lumineuse.
Les ombres qui nous rappellent notre condition humaine.
Et nous incitent à toujours plus d’humanité et d’humilité.

On ne tourne pas la page comme on tournerait le dos à son passé.
C’est pourquoi, je suis conscient de ma page. De toutes mes pages.
J’essaye de les assumer. Pas facile pour certaines, c’est vrai.
Je veux n’en déchirer aucune, n’en laisser aucune s’envoler.
C’est mon empreinte qu’elles contiennent et c’est sur cette empreinte que je bâtis la suite.

Et puis, tourner trop brutalement certaines pages,
Ce serait comme claquer la porte au nez de ceux qui aujourd’hui pourraient me déranger.
Et qui pourtant m’ont aidé à écrire certaines pages et m’ont tant appris !

Au soir de ma vie, quand je relirai les pages de mon livre,
Il n’est pas certain, que telle page qui aujourd’hui me dérange,
N’apparaisse pas comme celle qui a permis d’écrire les plus belles qui ont suivi.

Norbert MOUIREN

Contact : contact@motsenliberte.fr 

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