Le soleil brille ce jour-là, comme très souvent en Provence.
Le chemin qui s’accroche à la montagne l’emmène un peu plus à chaque pas, vers un ciel bleu.
C’est une incitation à s’élever et à méditer.
Il y a vraiment un temps pour tout.

Il se souvient de son enfance.
Une enfance heureuse dans une famille unie.
C’est souvent comme ça au début…

Et puis son départ en pension pour Marseille à 10 ans.
Le sentiment d’être écarté, lui l’aîné
Pour préserver la santé de sa mère, enceinte du cinquième.

Une pension dont il ne revenait que tous les deux mois,
Entrecoupés de quelques rares visites au parloir.
De déchirement en déchirement à chaque retour en pension, chez les « bons » pères,
C’est sa capacité à s’adapter qui se forgeait ainsi, chez lui.

Un nouveau départ de la maison. Pour les études d’abord.
Pour faire l’armée ensuite où il continue d’apprendre à faire face.
Un temps plus instructif que jouissif.

Son mariage à 21 ans et la vie qui prend la couleur du bonheur,
Et qui tout d’un coup s’accélère.
Le boulot, les enfants, les déménagements au rythme des changements d’affectation.
Plutôt belle la vie, même si aujourd’hui, il regarderait grandir ses enfants autrement.

Quelques blessures.
Celles qu’il a subies. Guéries évidemment.
Celles qu’il a provoquées qui continuent de l’obséder. Comment a-t-il pu ?

Jusqu’au bout, un temps pour tout

Ses engagements pour les bonnes causes.
Quel plaisir d’aller vers les autres et d’être bien accueilli en retour !
Il se sent utile et heureux parce qu’on l’a appelé et que quelqu’un croit en lui.
C’est aussi simple que ça…

Chaque jour, il continue d’apprendre de ses erreurs.
Pour le cas où il y aurait une seconde vie.

Sur le chemin qui continue de monter, il prend une pause.
Pour se rafraîchir et souffler un peu.
Il y a un temps pour dire que la vie est belle.
Il y a vraiment un temps pour tout.

A chaque étape, il y a un début et une fin.
Et s’il y a des débuts auxquels on se prépare,
Il y a quelquefois des fins que l’on subit.

Mais c’est toujours le temps d’aimer et de faire la paix.
Comme une bonne façon de préparer l’instant où il devra partir,
Affronter des univers de souffrance ou de dépendance.
Apprivoiser cette fin incertaine qui intrigue ou qui fait peur.
Ce moment où il dira merci à la vie.
Ce temps qui aura raison de lui…

A moins que ne lui soit donné un autre temps, inépuisable.
Un temps où il n’y aura plus de temps,
Où seul un amour infini l’envahira de sa puissance et de sa lumière.

Demain, il fera encore beau temps en Provence.

Norbert MOUIREN

Contact : contact@motsenliberte.fr